Post Tenebras Lux

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Mexique-France-Allemagne-Pays bas 2012. Réalisateur: Carlos Reygadas; Scénariste: Carlos Reygadas

Selon Mark Kermode, un film réussi nous renvoie ce que l’on y a apporté. Et Reygadas est trop intelligent pour prétendre que notre masque psycho-émotionnel est simple ou unidimensionnel. Il décrit lui même son film comme une peinture impressionniste. Il l’a réalisé d’une façon originale: L’écran est carré et les côtés sont flous – On est à l’extérieur et l’on regarde à l’intérieur; La narration n’est pas linéaire et des séquences réelles, fantaisistes et oniriques se chevauchent; il utilise l’amplification graduée du fond sonore, des cigales ou de la pluie, pour intensifier nos réactions. Encore une fois il juxtapose la beauté sublime avec l’inconfortable grossièreté, dans ce cas, pour explorer « tout ce que veulent les Hommes », pleurant la perte de l’innocence et d’anciennes connections (Avec les gens, la nature et la simplicité). Au centre de l’histoire il y a un couple Juan et Natalia et leurs deux beaux et jeunes enfants. Le côté physique de leur mariage s’est détérioré jusqu’au niveau de la franche négociation. La frustration de Juan, s’est replacée sur la maltraitance de son chien et de son jardinier – « J’ai toujours blessé ceux que j’aime le plus », menant à la fantaisie sexuelle et à l’utilisation de la pornographie. En même temps, sa richesse est une source de convoitise pour le plus cupide de ses employés, qui a quitté sa femme et ses enfants à la recherche d’une vie meilleure.

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Reygadas met en lumière le tenebrio, la personne qui se cache dans les ténèbres, au creux de toutes les personnalités des personnages masculin. Alors qu’aucun homme n’est épargné, on entrevoit l’amour, la tentative de reconstruire des vies brisées et le reflet de remords désespérés. Bien que le film soit en somme plus sombre que son miraculeux Silent Light (Et l’on doit en effet sacrément chercher la « lux »), on la sent fortement et on l’expérimente ardemment à partir de l’extraordinaire séquence d’introduction jusqu’à la fin du film. Le spectateur apporte beaucoup au film, mais reçoit en retour, à travers plus de questions que de réponses, quelque chose de puissant qui le hantera longtemps.

Aussi par Carlos Reygadas:

Silent Light (2007)

Battle In Heaven (2005)

Japon (2002)

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